Deux moniteurs sur un bureau, c'est vite le désordre : deux pieds qui mangent la moitié du plateau, des hauteurs qui ne correspondent pas, une nuque qui tourne toute la journée. Un support double écran règle la plupart de ces problèmes, à condition de choisir la bonne disposition pour votre façon de travailler. Voici les meilleures façons d'installer deux écrans au bureau, et les réglages à viser pour chacune.
La meilleure disposition dépend d'une seule question : utilisez-vous vos deux écrans à parts égales, ou l'un sert-il d'écran principal ? L'INRS, la référence française en prévention des risques professionnels, pose une règle simple. Si les deux écrans sont consultés autant l'un que l'autre, on les place côte à côte devant soi, la jonction dans l'axe du regard. Si l'un est beaucoup plus utilisé, il se place face à vous et le second vient sur le côté.
Le support d'écran rend ces dispositions faciles à obtenir, puis à modifier. Posés sur leurs pieds d'origine, deux moniteurs de marques ou de tailles différentes n'ont presque jamais la même hauteur, et leurs socles occupent une bonne partie du plateau. Fixés sur un bras, ils flottent au-dessus du bureau, s'alignent au millimètre et se déplacent d'un geste quand la tâche change.
Nous avons classé ci-dessous les cinq installations qui fonctionnent le mieux en entreprise, de la plus polyvalente à la plus spécialisée. Pour chacune, on vous donne l'usage type, le matériel à prévoir et les réglages qui comptent.

Un plateau dégagé laisse la place au clavier et aux documents

Deux bras à vérin sur une même pince, pour deux écrans côte à côte
Pour la plupart des postes de bureau, c'est le choix que nous recommandons. Un bras double à vérin, ou à ressort à gaz, porte chaque écran sur son propre bras articulé. On règle la hauteur, la profondeur, l'inclinaison et l'orientation de chaque moniteur séparément, et le vérin compense leur poids : l'écran reste là où on le lâche. Pour savoir quelle marge de réglage viser selon le poste, voyez notre comparatif sur l'amplitude de réglage d'un bras articulé.
C'est la bonne option si vos deux écrans ne sont pas identiques, si plusieurs personnes se relaient au poste ou si vous alternez travail assis et debout. Les bras de notre gamme de supports d'écran existent en version un écran ou deux écrans, pour des moniteurs de 10 à 32 pouces selon les références, avec un passe-câbles intégré.
Un point à surveiller : la tension du vérin se règle selon le poids de l'écran. Un bras trop tendu remonte tout seul, un bras pas assez tendu s'affaisse. Comptez cinq minutes de réglage à l'installation, avec la clé généralement fournie.
C'est la disposition à retenir quand vous utilisez les deux écrans à parts égales : tableur d'un côté et messagerie de l'autre, comparaison de documents, montage, suivi de dossiers. Les deux moniteurs se touchent presque, la jonction se trouve face à vous et chaque écran est légèrement tourné vers l'utilisateur, comme les deux pages d'un livre ouvert.
L'INRS conseille d'utiliser de préférence deux écrans de mêmes dimensions et mêmes caractéristiques d'affichage, et de les placer à la même distance des yeux. Un écran plus grand ou plus lumineux que l'autre oblige l'œil à se réadapter à chaque changement. Pour l'orientation, il n'existe pas de valeur normative : en pratique, tourner chaque écran d'une vingtaine à une trentaine de degrés vers vous suffit souvent pour que les deux dalles restent face au regard. C'est un ordre de grandeur, à ajuster à l'œil depuis votre position assise.
Sur un bras double, cette disposition s'obtient en rapprochant les deux têtes au centre. Sur une colonne, en tournant les bras jusqu'à ce que les bords intérieurs des écrans se rejoignent.

Deux bras articulés sur une même colonne, fixés par pince ou perçage

Deux bras à ressort réunis sur un seul point de fixation
Si vous passez l'essentiel de la journée sur un seul écran et que le second sert d'appoint (visio, messagerie, documentation), ne les centrez pas. Placez l'écran principal exactement face à vous, dans l'axe du clavier, et décalez le second d'un côté, légèrement tourné vers vous. C'est la recommandation de l'INRS pour un usage déséquilibré, et c'est le meilleur moyen d'éviter de travailler la tête tournée toute la journée.
Choisissez le côté selon vos habitudes. Les droitiers mettent souvent l'écran secondaire à droite, du côté de la souris, mais le bon côté reste celui vers lequel vous tournez naturellement la tête. Un bras double est la meilleure base, car il permet de décaler un seul des deux écrans. Si vos moniteurs n'ont pas la même taille, c'est aussi le montage qui gère le mieux la différence : le grand au centre, le petit en appoint.
Ce schéma vaut également pour un écran associé à un ordinateur portable. L'INRS recommande alors de relier le portable à une station d'accueil, avec clavier et souris externes, et de le rehausser s'il sert de second écran.

Des bras décalés pour un écran principal et un écran d'appoint
Un des deux écrans peut tourner de 90 degrés pour passer en mode portrait. On affiche alors une page entière sans défilement : c'est la disposition préférée des développeurs, des juristes, des traducteurs et de tous ceux qui lisent de longs documents. Nous détaillons les usages d'un écran vertical au bureau et la façon de le faire pivoter dans un guide dédié. L'autre écran reste en paysage pour les tableaux, la visio ou les maquettes.
Deux conditions pour que cela fonctionne. Le bras doit accepter la rotation de la platine, ce qui est le cas de la plupart des bras articulés, mais rarement des pieds d'origine. Et l'écran pivoté doit rester à la bonne hauteur : en portrait, un 24 pouces gagne une vingtaine de centimètres de hauteur, et son bord supérieur dépasse vite le niveau des yeux. Descendez le bras en conséquence, puis alignez le haut des deux écrans.

Des postes identiques, chacun équipé de deux écrans alignés
Une colonne verticale fixée au plateau, sur laquelle se montent deux bras : c'est la solution des open spaces, des centres d'appels et des postes où tout le monde a le même équipement. Les écrans se positionnent une fois pour toutes à la même hauteur, et la colonne permet ensuite de monter ou de descendre les deux bras ensemble.
Elle se justifie surtout quand les deux moniteurs sont de même taille et que le poste change peu. Pour plusieurs utilisateurs de gabarits différents, préférez un bras à vérin, bien plus rapide à régler au quotidien.
Certaines colonnes permettent aussi de superposer deux écrans l'un au-dessus de l'autre. Nous réservons cette disposition aux postes de supervision, car elle oblige à lever la tête. L'INRS recommande d'ailleurs un appui-nuque sur le siège quand des écrans sont placés à différents niveaux.
Quelle que soit la disposition choisie, trois réglages font la différence, et ce sont les mêmes pour les deux écrans. Les repères ci-dessous reprennent les recommandations de l'INRS sur le travail sur écran.
Pour régler le reste du poste, siège, clavier et éclairage compris, notre guide sur l'ergonomie du poste de travail sur écran détaille les cotes une par une.
Un support double se choisit d'abord en fonction du bureau et des écrans, pas l'inverse. Quatre vérifications évitent la plupart des mauvaises surprises au montage.
Pensez enfin aux câbles. Deux écrans, c'est au moins quatre câbles, deux pour l'alimentation et deux pour l'image. Faites-les passer dans les goulottes du bras avant de fixer les écrans, en laissant du mou au niveau des articulations pour que le bras bouge sans tirer sur les prises.
Si vous utilisez les deux écrans autant l'un que l'autre, placez-les côte à côte, la jonction face à vous et légèrement tournés vers vous. Si l'un sert beaucoup plus, mettez-le face à vous et l'autre sur le côté. C'est la règle recommandée par l'INRS.
Le haut des deux écrans se place au niveau des yeux, un peu plus bas si vous portez des verres progressifs. Alignez leurs bords supérieurs pour que le regard passe de l'un à l'autre sans monter ni descendre.
Comptez généralement 50 à 70 cm, soit à peu près la longueur du bras, à adapter à la taille et à la résolution des écrans. Les deux moniteurs doivent être à la même distance des yeux, d'où l'intérêt d'une disposition en léger arc.
Oui, avec un bras double dont chaque bras se règle séparément. Vérifiez que chaque écran respecte la charge et la diagonale admises par son bras. Pour le confort visuel, placez le plus grand face à vous et le plus petit en écran d'appoint.
Non, la plupart des supports se fixent par une pince serrée sur le bord du plateau, à condition que son épaisseur entre dans la plage indiquée. Le perçage reste une option plus stable pour les plateaux épais ou sans bord dégagé.