Combien de mètres carrés faut-il prévoir par personne sur un plateau ouvert ? La question revient à chaque projet d'aménagement, et la réponse tient à trois chiffres : la surface réglementaire par poste, la largeur de circulation entre les rangées, et la part à réserver aux espaces communs. Nous les détaillons ci-dessous, avec la méthode de calcul que nous utilisons pour un bureau en open space.
La norme NF X 35-102, publiée par l'AFNOR, fixe le repère de départ : 10 m² par personne, et 11 m² dès que l'espace est partagé, comme c'est le cas sur un plateau ouvert.
Ce chiffre monte à 15 m² dans les environnements bruyants, un plateau d'appels par exemple, où chaque voix se superpose aux autres. La même norme recommande de ne pas dépasser cinq personnes par groupe de travail dans un espace fermé, pour que les échanges restent lisibles.
Reste que ces valeurs sont un plancher, pas un objectif. D'expérience, un plateau devient réellement agréable autour de 12 à 15 m² par poste, espaces communs compris. En dessous de 10 m², le bruit et le sentiment de promiscuité l'emportent sur les bénéfices du travail en équipe, quel que soit le mobilier installé.
Le périmètre du calcul change aussi selon le type de bureau. Pour des bureaux indépendants, comptez tous les mètres carrés : couloirs, sanitaires, cuisine, locaux techniques, stockage. Pour des bureaux de coworking, en revanche, les espaces communs sortent du calcul par poste, puisqu'ils sont mutualisés.

Un bureau avec retour occupe environ 4 m² au sol, retour compris

Un format compact permet de gagner un poste sans descendre sous les 10 m² par personne
Les postes de travail occupent en moyenne la moitié de la surface d'un bureau, soit environ 4 m² par personne en plateau ouvert contre 6 m² en bureaux fermés. L'écart vient des cloisons, qui créent des angles et des dégagements inutilisables : c'est là que l'open space reprend l'avantage.
À ces surfaces de travail, ajoutez la circulation. Comptez 1,20 m entre deux rangées de bureaux pour que deux personnes se croisent sans se contorsionner, et 80 cm de dégagement derrière chaque siège. Ces largeurs ne sont pas négociables : c'est le premier reproche que nous entendons sur les plateaux trop densifiés.
Pour les espaces partagés, une règle simple donne un ordre de grandeur : multipliez le nombre de salariés par deux. Avec six personnes, prévoyez une salle de réunion d'au moins 12 m². Cette surface s'ajoute à celle des postes, qu'ils soient en plateau ouvert ou individuels. Ajoutez enfin 20 à 30 % pour la détente, la kitchenette et les cabines d'appel.
Une surface correctement calibrée ne se voit pas, mais elle s'entend : le niveau sonore baisse, les déplacements cessent de gêner les voisins, et les échanges spontanés redeviennent un avantage au lieu d'une nuisance, à la différence des bureaux confinés.
Le calcul financier suit la même logique. À surface égale, un plateau open space loge plus de postes que des bureaux avec cloisons, et se réorganise sans travaux. Un exemple parlant : 100 m² ouverts accueillent confortablement huit à dix postes, là où le même volume cloisonné en logerait six. Notre conseil est d'utiliser cette marge pour créer une cabine d'appel et un coin détente, plutôt que d'ajouter deux bureaux de plus.
Pour aller au fond du sujet, notre guide sur les avantages du plateau ouvert détaille ce que la densité change au quotidien, et celui qui explique ce qu'est un bureau open space revient sur les différents formats de plateau.

Le bench partage un piètement pour deux postes, ce qui réduit l'emprise au sol

Un poste assis-debout demande un peu plus de dégagement latéral