Un bureau open space est un plateau de travail sans cloison entre les postes, où les salariés partagent le même volume. Ce type d'aménagement s'est répandu d'abord dans la technologie, le conseil et la communication, avant de gagner à peu près tous les secteurs. Voici ce qu'il recouvre exactement, ce qu'il change au quotidien, et à quelles conditions il tient ses promesses.
C'est un espace de travail dépourvu de cloisons hautes et de bureaux fermés : les postes sont alignés ou regroupés en îlots, dans un même volume. On l'oppose aux bureaux individuels, mais aussi aux boxes cloisonnés à mi-hauteur des années 1990, qui n'en sont qu'une version dégradée.
La taille varie énormément : de dix postes dans une PME à plusieurs centaines sur un plateau de siège social. Les bureaux ouverts se reconnaissent aussi à leur rapport à la lumière, puisque l'absence de cloisons laisse le jour traverser toute la profondeur du plateau, jusqu'aux postes les plus éloignés des fenêtres.

Un bench assis-debout, format courant sur les plateaux récents

Un format compact libère de la circulation entre les rangées
Deux raisons dominent, et il est plus honnête de les prendre dans l'ordre réel. La première est économique : à surface louée constante, un bureau open space loge davantage de postes. La seconde est organisationnelle : les échanges se font de vive voix, sans passer par le courriel ni par une réservation de salle.
Sur le premier point, le calcul est simple. Supprimer les cloisons supprime aussi les couloirs de desserte, les angles morts et les portes, soit facilement 15 à 20 % de surface improductive. Dans une ville où le mètre carré de bureau se loue cher, ce gain se lit directement sur le loyer, et c'est ce qui déclenche la plupart des projets que nous équipons.
Sur le second, l'effet est réel mais moins automatique qu'annoncé. Des postes de travail ou de grandes tables partagées rapprochent les équipes et accélèrent les arbitrages du quotidien. Encore faut-il que le plateau reste sous les seuils de densité, sinon la proximité se retourne en nuisance. Nous détaillons ces seuils dans notre guide sur la surface à prévoir par poste.
Le premier effet est la vitesse. Une question posée à trois mètres reçoit sa réponse tout de suite, là où un message aurait attendu la demi-journée, et le sentiment de travail d'équipe s'installe plus vite chez les nouveaux arrivants.
Le second effet, moins flatteur, est l'interruption. La productivité individuelle sur les tâches longues baisse quand personne ne peut se mettre à l'écart. C'est pour cela que nous conseillons systématiquement de prévoir, dès le plan, une cabine d'appel ou une petite salle fermée pour deux à trois personnes, plutôt que de l'ajouter deux ans plus tard.

Le retour réversible s'adapte à droite comme à gauche selon l'implantation

Alterner assis et debout limite la fatigue sur une journée complète
Il n'y a pas de plan type : un environnement de travail ouvert se règle sur l'activité réelle. Un plateau de développeurs et un plateau commercial n'ont pas les mêmes besoins de calme, et copier l'aménagement du voisin est la meilleure façon de se tromper.
Le point à ne pas négliger reste la possibilité de se retirer. Prévoyez des espaces où l'on peut s'isoler pour un appel délicat ou une tâche qui demande deux heures d'attention : cabine acoustique, petite salle, ou simple alcôve traitée avec des panneaux acoustiques. Complétez par du mobilier ergonomique et des cloisons acoustiques entre les postes, et vous aurez couvert l'essentiel de ce qui fait échouer les open spaces.

Un poste en périphérie de plateau, plus au calme que le centre