On ouvre le carton, on coupe le film plastique, et le matelas se déplie en quelques secondes. Puis vient l'odeur : un peu sucrée, un peu chimique, parfois franchement entêtante dans une petite chambre. C'est l'une des questions qui reviennent le plus souvent après l'achat d'un matelas en mousse, avec une inquiétude bien compréhensible quand on s'apprête à y passer huit heures par nuit.
Cette odeur a une explication simple, elle ne dure pas indéfiniment, et on peut l'écourter avec quelques gestes. Voici d'où elle vient, combien de temps elle persiste selon le type de mousse, ce qu'en disent les organismes sérieux, et comment préparer votre chambre pour qu'elle disparaisse le plus vite possible.
L'odeur provient principalement de composés organiques volatils, les COV, qui s'échappent de la mousse dans les jours qui suivent sa fabrication. La mousse de polyuréthane naît d'une réaction chimique entre des polyols et des isocyanates, avec de l'eau, des catalyseurs et divers additifs. Une fois le bloc expansé et découpé, une petite partie de ces substances, ou des sous-produits de la réaction, reste piégée dans les alvéoles et s'évapore progressivement. C'est ce qu'on appelle le dégazage, ou off-gassing chez les fabricants anglophones.
La mousse n'est pas la seule source. Les colles qui assemblent les couches entre elles, le traitement de certains textiles et le film plastique de l'emballage ajoutent leur part. Un matelas à plusieurs couches collées, par exemple une couche d'accueil à mémoire de forme sur un bloc de soutien, a donc plus de raisons de sentir qu'un bloc de mousse unique sous une housse cousue.
L'intensité varie beaucoup d'un couchage à l'autre, et elle ne dit pas grand-chose de sa qualité. Une mousse très dense ou très épaisse contient simplement plus de matière, donc plus de composés à libérer. Pour comprendre comment se construit un couchage en mousse et ce qui distingue les différentes générations de blocs, voyez notre guide sur les caractéristiques du matelas mousse et ses évolutions.


Un matelas compressé sous vide puis roulé sent plus fort à l'ouverture, parce que les composés libérés pendant le stockage et le transport n'ont pas pu s'échapper. Le film les a retenus plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Quand on l'ouvre, tout sort en même temps : c'est le pic d'odeur que remarquent la plupart des acheteurs.
Ce n'est pas le signe d'un matelas plus chargé qu'un autre. Un couchage livré à plat a souvent commencé son dégazage à l'entrepôt ou en magasin, loin de chez vous. Le matelas roulé, lui, le fait dans votre chambre. Une partie des matelas en mousse de notre catalogue est d'ailleurs livrée compressée et roulée, et nous conseillons toujours de prévoir le déballage dans une pièce que l'on peut aérer largement.
Le temps de reprise compte aussi. La mousse met généralement 24 à 72 heures à retrouver son volume, selon la température de la pièce et le type de mousse. Pendant cette phase, elle aspire l'air par ses alvéoles et le rejette, ce qui accélère la sortie des composés. Une chambre fraîche ralentit à la fois la reprise et le dégazage.
Pour la plupart des matelas en mousse, l'odeur baisse nettement au bout de 24 à 72 heures dans une pièce bien aérée, puis devient imperceptible en une à deux semaines. Ce sont des ordres de grandeur observés, pas une norme : aucun texte ne fixe de durée, et chaque fabricant formule ses mousses à sa manière.
Plusieurs facteurs allongent ou raccourcissent cette période. La mousse à mémoire de forme, plus dense et à cellules plus fermées, dégaze souvent plus lentement qu'une mousse polyuréthane classique ou qu'une haute résilience à cellules ouvertes. Une couche d'accueil épaisse, un couchage à plusieurs couches collées, une chambre petite ou peu ventilée, une température basse : tout cela prolonge l'odeur de quelques jours. À l'inverse, une pièce tempérée, autour de 19 à 21 °C, et un courant d'air régulier la font disparaître plus vite.
Notre repère est simple. Si l'odeur est encore nettement présente après trois semaines malgré une aération quotidienne, ce n'est plus un dégazage ordinaire. Contactez le vendeur : il peut s'agir d'un défaut de fabrication, d'un stockage en milieu humide ou d'une odeur de renfermé qui n'a rien à voir avec les COV.
Une précision pour éviter les confusions : une odeur de moisi, d'humidité ou de renfermé n'est pas une odeur de neuf. Elle signale plutôt un matelas stocké dans de mauvaises conditions, et elle ne partira pas d'elle-même avec le temps.


L'odeur en elle-même ne permet pas de juger d'un risque, dans un sens comme dans l'autre. Certains composés se sentent à des doses infimes, d'autres sont inodores. Un matelas qui sent fort n'émet donc pas forcément plus de substances préoccupantes qu'un matelas discret, et l'absence d'odeur ne garantit rien non plus.
Les COV font partie des polluants de l'air intérieur suivis en France par l'ANSES et l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur. Le mobilier y est cité parmi les sources, aux côtés des peintures, des revêtements de sol ou des produits ménagers. À concentration élevée, certains COV peuvent irriter les yeux, le nez ou la gorge, ou provoquer des maux de tête. Depuis 2013, les produits de construction et de décoration portent une étiquette de classe d'émission, de A+ à C. Les meubles et la literie n'en ont pas, mais l'ANSES a publié en 2015 une expertise en appui à l'étiquetage des produits d'ameublement qui propose une méthode pour les évaluer.
Notre position : il n'y a pas de raison de s'alarmer d'une odeur de neuf qui décroît en quelques jours, mais il y a de bonnes raisons de ne pas dormir dessus le premier soir dans une chambre fermée. Pour un bébé, une femme enceinte ou une personne asthmatique, on laisse le matelas dégazer plus longtemps, au moins une semaine dans une pièce aérée, avant de l'utiliser. En cas de gêne respiratoire persistante, c'est à un médecin qu'il faut en parler.

La méthode la plus efficace tient en un principe : exposer le matelas à l'air le plus longtemps possible, avant de l'habiller. Voici la séquence que nous recommandons dès la livraison.

Deux gestes souvent conseillés méritent un bémol. Le bicarbonate de soude saupoudré puis aspiré absorbe un peu les odeurs de surface, mais il agit peu sur les composés logés au cœur du bloc, et il faut l'aspirer soigneusement pour ne pas en laisser dans la housse. Quant aux sprays parfumés et aux désodorisants, nous les déconseillons franchement : ils masquent l'odeur en ajoutant leurs propres COV dans la chambre.
Si vous ne pouvez pas aérer la pièce où dort le matelas, installez-le quelques jours dans une autre pièce ventilée, ou dans un garage sec et propre, sans le poser à même un sol humide.
Les labels sont le moyen le plus fiable de s'informer avant l'achat, bien plus que l'odorat. Ils ne promettent pas un matelas inodore, mais ils attestent que des substances et des émissions ont été contrôlées par un laboratoire.
CertiPUR est un programme volontaire de la filière européenne des mousses souples de polyuréthane. Il porte sur la mousse elle-même : il exclut certaines substances, comme des retardateurs de flamme jugés préoccupants, des métaux lourds ou des phtalates réglementés, et fixe des plafonds d'émissions de COV mesurés en chambre d'essai. C'est le label le plus pertinent pour la question de l'odeur, puisqu'il vise précisément ce que la mousse relâche dans l'air.
OEKO-TEX Standard 100 concerne d'abord les textiles : housse, coutil, ouate de garnissage. Il vérifie l'absence ou la limitation de substances indésirables, dont le formaldéhyde, dans les matières au contact de la peau. Il complète utilement CertiPUR, mais il ne dit rien des émissions de la mousse si elle n'est pas elle-même certifiée.
Pour bien lire une fiche produit, vérifiez à quoi s'applique le label : à la mousse, à la housse, ou au matelas entier. Et gardez en tête que l'odeur n'est qu'un critère parmi d'autres. La tenue dans le temps dépend surtout de la densité du bloc, que nous détaillons dans notre guide pour choisir la bonne densité de mousse selon votre morphologie. Toutes les fiches de notre rayon de matelas en mousse précisent la technologie du bloc, son épaisseur et son mode de livraison.
Pour un matelas en mousse, l'odeur baisse nettement après 24 à 72 heures d'aération et devient imperceptible en une à deux semaines dans la plupart des cas. Une mémoire de forme dense ou une chambre peu ventilée peuvent prolonger cette période de quelques jours.
Mieux vaut attendre que l'odeur ait nettement baissé, en général après 24 à 72 heures d'aération, surtout si la chambre est petite. Pour un bébé, une femme enceinte ou une personne asthmatique, nous conseillons d'attendre au moins une semaine.
Retirez tous les emballages, aérez largement la pièce plusieurs fois par jour, laissez le matelas nu sans drap ni protège-matelas pendant 24 à 48 heures, et gardez une température tempérée. Évitez les sprays parfumés, qui ajoutent leurs propres composés volatils.
L'intensité de l'odeur ne permet pas de juger d'un risque. Les composés organiques volatils sont des polluants de l'air intérieur suivis par l'ANSES, et certains peuvent irriter à forte concentration. Une odeur qui décroît en quelques jours dans une pièce aérée relève du dégazage normal.
Après trois semaines d'aération quotidienne, ce n'est plus un dégazage ordinaire. Une odeur de moisi ou de renfermé peut venir d'un stockage humide. Contactez le vendeur pour qu'il examine le matelas.
Ces articles devraient vous intéresser :
• Les meilleures densités pour un matelas en mousse selon votre morphologie