Un sommier se juge d'abord à ce qui se voit, et ce qui se voit, ce sont les traverses posées sur le cadre. La question du nombre revient à chaque achat, mais la réponse ne tient jamais en un chiffre unique. Quatorze lattes sous un couchage d'une personne, ce n'est pas la même chose que quatorze lattes sous un 140. Ce qui décide du confort, c'est le rapport entre la largeur du couchage, la largeur de chaque latte et l'écart qui les sépare. Voici les repères qui permettent de juger une fiche produit en quelques secondes, et ce que chaque palier de comptage change vraiment sous le dos.
Comptez 14 lattes sur un couchage de 90 cm de large, 24 sur un 140 et 28 sur un 160. Ce sont des planchers, pas des objectifs : en dessous, l'écart entre deux traverses dépasse mécaniquement 4 cm et le matelas commence à se creuser dans les intervalles.
Le calcul tient en deux secondes et il vaut tous les arguments de fiche produit. Divisez la largeur du couchage par la somme de la largeur d'une traverse et de l'écart souhaité. Sur 90 cm, avec des traverses de 5 cm et 3,5 cm d'intervalle, on arrive à une quinzaine de pièces. Avec des traverses de 7 cm et 5 cm d'intervalle, on tombe à dix, et la différence se sent dès la première nuit. C'est la raison pour laquelle un modèle annoncé à 20 lattes peut se révéler moins confortable qu'un autre à 16 : tout dépend de ce que mesure chaque pièce.
Ce guide traite le comptage pour lui-même. Si votre question porte plutôt sur la suspension qui convient à votre garnissage, notre comparatif lattes ou ressorts selon le matelas traite ce sujet en détail, et le guide général du sommier à lattes reprend l'ensemble des critères d'achat.

Voici quelques bases à lattes de notre catalogue, à parcourir en gardant en tête les deux repères vus plus haut : le nombre de traverses rapporté à la largeur, et l'intervalle qui les sépare. Les fiches produits précisent l'un et l'autre.

Un 90 x 190 réclame 14 traverses, un 140 x 190 en réclame 24, un 160 x 200 monte à 28, et plutôt 32 dès que le matelas dépasse 25 cm d'épaisseur. Le tableau ci-dessous donne le seuil à ne pas franchir et le palier confortable, selon le profil de dormeur.
| Format | Seuil minimal | Palier confortable | Profil concerné |
|---|---|---|---|
| 90 x 190 | 14 | 16 à 18 | une personne, matelas mousse ou latex |
| 120 x 190 | 18 | 20 à 22 | couchage d'appoint ou adolescent |
| 140 x 190 | 24 | 26 à 28 | couple, gabarits moyens |
| 160 x 200 | 28 | 30 à 32 | couple, matelas épais |
| 2 x 80 x 200 | 14 par cadre | 16 par cadre | couchage jumelé, fermetés différentes |
Sur un couchage jumelé, le comptage se lit toujours par demi-lit. Un ensemble en 2 x 80 x 200 annoncé à 32 traverses, c'est 16 par cadre : parfaitement correct. Le même chiffre sur un 160 d'un seul tenant serait tout juste acceptable. C'est l'erreur de lecture la plus fréquente sur les fiches produits.
Au-delà du comptage, gardez un œil sur le nombre de pieds : quatre au minimum, et un pied central dès 140 cm de large. Une base bien garnie en traverses mais mal soutenue en son milieu s'affaisse quand même, en cuvette, au bout de deux ou trois ans.
L'intervalle entre deux traverses ne doit pas dépasser 4 cm sous un matelas en mousse ou en latex, et 3 cm vaut nettement mieux dès que le garnissage est souple ou l'épaisseur modeste. C'est la mesure la plus simple à faire, et c'est celle qui trahit un comptage flatteur.
Que se passe-t-il quand on dépasse ? La mousse se déforme dans les intervalles, d'abord sans qu'on le sente, puis en dessinant des vagues régulières sur la face inférieure du matelas. Un latex perforé, plus lourd et plus souple, accuse le défaut encore plus vite. Les garnissages à ressorts ensachés tolèrent un peu mieux un écart généreux, parce que la carcasse répartit la charge, mais ce n'est pas une raison pour s'en contenter.
Sur une base que vous possédez déjà, la vérification prend une minute : posez une règle en travers, mesurez l'intervalle libre entre deux traverses au milieu du couchage, là où la charge est maximale, puis recommencez près de la tête. Un écart qui s'est creusé avec le temps signale des cavaliers fatigués plus qu'un défaut de conception.


Une traverse souple de 3,5 à 5 cm de large en hêtre ou en peuplier multiplis donne un soutien progressif ; une traverse rigide de 7 à 8 cm en pin ou en sapin donne un plan ferme, presque plat. Les deux se défendent, mais elles ne s'adressent pas aux mêmes dos.
Le multiplis change tout. Il s'agit de fines feuilles de bois collées en lamellé, généralement autour de 8 mm d'épaisseur, qui acceptent la flexion sans conserver de déformation. Une latte massive de même section finit par garder le creux qu'on lui a imposé. Le hêtre reste la référence pour la souplesse, le peuplier multiplis suit de près et pèse moins lourd, le pin et le sapin se contentent des couchages d'appoint.
Certains modèles doublent ou triplent les traverses au niveau du bassin, là où la charge se concentre. Sur le papier, le comptage grimpe ; en pratique, ce sont deux pièces accolées qui travaillent comme une seule, plus large et plus ferme. Bonne chose pour un dormeur lourd ou sur le dos, moins intéressante pour un dormeur léger sur le côté, qui a besoin que l'épaule s'enfonce.

Trois montages coexistent, et le comptage ne veut pas dire la même chose sur chacun. Les traverses vissées sur le cadre ne bougent pas : le confort dépend alors uniquement de leur nombre, de leur largeur et de l'intervalle. Les traverses cintrées posées sur cavaliers caoutchouc fléchissent sous la charge, ce qui autorise un intervalle un peu plus généreux à confort égal. Les traverses actives équipées de curseurs ajoutent un réglage local de fermeté au niveau des lombaires, et n'ont d'intérêt que sur un montage déjà souple.
Un détail que presque personne ne vérifie au montage : les traverses cintrées se posent bombé vers le haut. Montées à l'envers, elles perdent leur réserve de flexion, claquent sur le cadre et s'usent en quelques mois. Si votre base grince au moindre mouvement, commencez par là avant d'accuser les cavaliers.
Le réglage des curseurs, lui, mérite un guide à part entière : nous détaillons à qui il sert vraiment et comment le doser dans notre comparatif des suspensions selon le matelas.

Au-delà de 90 kg par dormeur, ou de 160 kg cumulés sur un couchage double, passez au palier supérieur du tableau et cherchez du lamellé-collé plutôt que du massif. Ce n'est pas une précaution de confort, c'est une question de durée de vie : la charge qui déforme une traverse trop espacée finit par la fendre.
Concrètement, sur un 160 x 200 partagé par deux gabarits solides, on vise 32 traverses plutôt que 28, un intervalle ramené sous 3 cm, un pied central et des cavaliers doubles au niveau du bassin. La position de sommeil compte aussi : un dormeur sur le côté charge le support sur une surface bien plus étroite qu'un dormeur sur le dos, donc plus fort par latte.
Les couchages jumelés en deux cadres séparés se défendent très bien dans ce cas de figure. Chacun conserve son propre réglage, la charge ne transite pas d'un côté à l'autre, et le remplacement d'une pièce n'immobilise que la moitié du lit.
Une traverse cassée ne se garde pas en l'état : ses deux voisines encaissent la charge qu'elle ne reprend plus, et cèdent à leur tour dans les mois qui suivent. C'est le mécanisme classique du creux qui s'élargit au milieu du lit.
Le remplacement à l'unité se fait très bien, à condition de relever trois mesures avant d'acheter : la longueur hors tout de la pièce, sa largeur (souvent 38, 53 ou 63 mm) et son épaisseur (8 mm dans la plupart des montages souples). Profitez-en pour inspecter les cavaliers caoutchouc : un embout fendu relâche la traverse neuve en quelques semaines, et se change pour trois fois rien.
Si plusieurs pièces ont lâché en même temps, ce n'est plus un accident mais un signe de sous-dimensionnement, ou de fin de vie : une base à lattes tient une dizaine d'années. Notre guide sur la façon de redonner du soutien à une base qui s'affaisse détaille les rattrapages possibles avant d'envisager un remplacement complet.
Comptez 24 traverses au minimum, et 26 à 28 pour un vrai confort de couple. En dessous de 24, l'intervalle dépasse 4 cm et un matelas en mousse finit par marquer entre les traverses. Prévoyez aussi un pied central sous la traverse du milieu.
4 cm est la limite haute sous un matelas en mousse ou en latex, et 3 cm est préférable dès que le garnissage est souple ou peu épais. Un matelas à ressorts ensachés tolère un peu mieux un écart généreux, sans que cela devienne un argument.
Pas forcément. Un comptage élevé s'obtient souvent avec des traverses étroites ou doublées deux par deux au niveau du bassin. Ce qui compte, c'est l'intervalle réel entre deux appuis et la souplesse du bois, pas le chiffre affiché sur la fiche.
28 traverses constituent le plancher, 30 à 32 le palier confortable, surtout si le matelas dépasse 25 cm d'épaisseur ou si les dormeurs sont corpulents. Sur un couchage jumelé en 2 x 80 x 200, lisez le chiffre par cadre et non pour l'ensemble.
Oui, le remplacement à l'unité est courant. Relevez la longueur, la largeur et l'épaisseur de la pièce cassée avant d'acheter, et changez le cavalier caoutchouc s'il est fendu. Si plusieurs traverses cèdent la même année, c'est la base entière qui arrive en fin de vie.
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