La mention « M1 » revient dans tous les appels d'offres, et elle est rarement comprise. Elle ne désigne pas un siège, mais le comportement au feu d'un matériau, et elle ne suffit pas toujours à rendre une assise conforme dans un local recevant du public. Voici ce qu'il faut demander, et sous quelle forme.
Le classement M qualifie la réaction au feu d'un matériau, autrement dit la façon dont il contribue au départ et à la propagation d'un incendie. L'arrêté du 21 novembre 2002 répartit les matériaux d'aménagement en catégories M0 à M4, de la meilleure à la plus faible performance : M1 est donc la meilleure catégorie après M0.
Le point que tout le monde manque : ce classement porte sur un matériau, éprouvé seul, sur une éprouvette. Un tissu classé M1 ne dit rien de la mousse qui se trouve dessous, ni du comportement de l'assemblage quand la flamme atteint le garnissage. Un siège n'est donc jamais « M1 » en soi.
À côté du classement M subsistent les euroclasses, notées A1 à F selon la norme européenne, qui concernent d'abord les produits de construction. Les matériaux d'aménagement, dont les textiles d'ameublement, restent classés selon les catégories M, celles que vise le règlement de sécurité des établissements recevant du public.
%20(1).jpg)

Le règlement de sécurité applicable aux établissements recevant du public traite les rangées de sièges dans son article AM 18. Pour les sièges non rembourrés et pour la structure des sièges rembourrés, il demande la catégorie M3, avec une tolérance importante : le bois et les matériaux dérivés du bois d'une épaisseur égale ou supérieure à 9 mm sont admis d'office.
Pour les sièges rembourrés, l'exigence se déplace vers l'ensemble revêtement et garnissage, qui doit satisfaire aux deux critères de l'instruction technique relative au comportement au feu des sièges rembourrés. On ne raisonne plus matériau par matériau, mais sur le comportement du siège complet exposé à une source de flamme.
Une précision utile pour les salles d'attente : l'attestation d'essai sur siège complet est explicitement requise pour les sièges en rangées, typiquement les salles de spectacle, les cinémas et les amphithéâtres. Sur des assises individuelles posées librement, hors du champ de l'article AM 18 qui vise les rangées, la commission de sécurité locale reste seule à apprécier le niveau de justificatif attendu. En cas de doute, demandez la position du service instructeur avant de commander.
Le protocole de la norme NF D 60-013 applique sur le siège une source de flamme équivalente à un coussin de papier de 20 g. L'instruction technique juge ensuite deux critères : des longueurs latérales détruites d'au plus 200 mm de part et d'autre de l'axe médian, sur le dossier et l'assise, et une perte de masse d'au plus 300 g.
Le siège n'a pas à rester intact. Ce que l'essai cherche à écarter, c'est l'emballement : une assise qui s'enflamme franchement, dégage un volume important de fumées et propage le feu à la rangée voisine.
Si le résultat est validé, une attestation valable 5 ans est délivrée. Cette durée compte au moment d'un achat : un procès-verbal de 2019 n'a plus de valeur en 2026, même si le modèle n'a pas changé de nom.

%20(1)_1.jpg)
Trois mentions à chercher, dans cet ordre. La classe du revêtement, notée M1 ou M2 selon le tissu. La classe du garnissage, souvent une mousse polyuréthane traitée. Et surtout l'existence d'un essai sur siège complet, mentionné par un numéro de procès-verbal et une date.
Quand la fiche annonce simplement « non feu M1 » sans autre précision, cela renvoie presque toujours au seul revêtement. Ce n'est pas malhonnête, c'est incomplet : demandez alors explicitement le procès-verbal, au nom du modèle et de la référence de tissu commandée. Un même siège change de classement selon le tissu retenu.
Cas particulier des coques plastiques : sans garnissage, il n'y a pas d'ensemble à éprouver. La fiche technique du polypropylène et sa classe de réaction au feu suffisent en général. C'est l'une des raisons pour lesquelles ces assises sont si répandues dans les locaux publics, avec l'entretien facile que nous détaillons dans notre comparatif des revêtements et de leur entretien.

Le procès-verbal de classement, daté et nominatif, va dans le registre de sécurité de l'établissement, avec la facture qui identifie la référence exacte. C'est ce document que l'on vous demandera en visite périodique, pas la fiche commerciale du catalogue.
Pensez à noter la date d'expiration quelque part. Les attestations de 5 ans se périment sans prévenir, et le remplacement d'un lot de sièges se planifie mieux six mois à l'avance qu'un mardi matin de contrôle.

Refaire l'assise d'un siège avec un tissu acheté séparément annule la validité de l'essai d'origine. L'ensemble éprouvé n'existe plus, et le procès-verbal ne couvre pas le nouvel assemblage, même si le tissu de remplacement est lui-même classé M1.
Le même raisonnement s'applique aux housses ajoutées après coup. Une housse non classée posée sur un siège conforme dégrade le comportement de l'ensemble. Si vous tenez aux housses, exigez qu'elles soient fournies et classées avec le siège.
Pour une salle d'attente ordinaire, cabinet ou accueil administratif, retenez un revêtement classé M1 et réclamez le procès-verbal correspondant à la référence de tissu commandée. Si les sièges sont fixés en rangées, demandez en plus l'attestation d'essai sur siège complet, et vérifiez qu'elle date de moins de cinq ans.
Pour les locaux à contrainte forte ou à fort effectif, la coque plastique reste la voie la plus simple à justifier, sans essai d'ensemble à produire. Le choix de la géométrie et de la hauteur se traite à part : notre comparatif des hauteurs d'assise et notre guide sur l'aménagement d'une salle d'attente complètent ce cadre réglementaire. Les modèles concernés se trouvent au rayon chaises de salle d'attente.
Dernier mot, et il compte : cet article donne des repères, il ne remplace pas l'avis du service instructeur dont dépend votre établissement. Le classement de votre établissement commande d’ailleurs bien plus que le mobilier : nous avons détaillé ce que la 5e catégorie impose aux places assises, de l’effectif du public aux largeurs de dégagement. Les exigences varient selon le type et la catégorie du local, et la commission de sécurité a le dernier mot.
Il qualifie la réaction au feu d'un matériau sur l’échelle réglementaire des matériaux d’aménagement, de M0, la meilleure catégorie, à M4, la plus faible. M1 est la meilleure catégorie après M0.
Non. Le classement porte sur un matériau éprouvé seul. Sur un siège rembourré, c'est l'ensemble revêtement plus garnissage qui doit être testé, selon le protocole de la norme NF D 60-013.
Pour les rangées de sièges, la catégorie M3 au minimum, avec une tolérance pour le bois et les matériaux dérivés du bois d'une épaisseur égale ou supérieure à 9 mm, admis d'office.
5 ans à compter de sa délivrance. Un procès-verbal plus ancien n'a plus de valeur en visite périodique, même si le modèle de siège n'a pas changé entre-temps.
Non. Changer le tissu ou ajouter une housse non classée annule la validité de l'essai d'origine, parce que l'ensemble éprouvé n'existe plus. Les housses doivent être fournies et classées avec le siège.
Retrouvez nos autres conseils dans l'univers guides d'achat des chaises de salle d'attente.