Sur un bureau bench, la profondeur du plan de travail décide de presque tout : le nombre d'écrans qu'un poste accepte, le recul possible entre l'œil et la dalle, la place qui reste pour écrire, et le confort du vis-à-vis quand deux rangées se font face. C'est la cote qu'on regrette le plus quand on l'a choisie trop courte, parce qu'elle ne se corrige pas après livraison.
Ce guide passe en revue les profondeurs courantes, de 60 à 80 cm, et ce que chacune autorise réellement : équipement d'écran, dégagement des jambes, passage des câbles, largeur par poste et circulation. Le tout se lit avant de commander une ligne de postes partagés en configuration bench, parce que les plateaux ne se recoupent pas.
Sur un poste isolé, la profondeur se rattrape : on décale l'écran, on pousse le caisson. Sur un bench, non. Les plateaux sont alignés sur une structure commune, la goulotte est partagée, et le vis-à-vis fixe la distance entre deux utilisateurs. La profondeur retenue devient la règle de toute la ligne, poste après poste.
Elle détermine trois choses simultanément : la distance œil-écran, donc le confort visuel ; la surface d'écriture restante devant le clavier ; et la profondeur du volume sous plateau, donc le dégagement des jambes et la place disponible pour un caisson mobile.
Dernier effet, souvent oublié : en bench face à face, la profondeur de chaque plan s'additionne. Deux plateaux de 80 cm forment un îlot de 160 cm de large, ce qui suffit à installer un séparateur central sans coller les écrans. Deux plateaux de 60 cm ne donnent que 120 cm, et le vis-à-vis devient frontal.


Trois cotes couvrent l'essentiel du marché. Le choix se fait sur l'équipement du poste, pas sur la surface disponible au sol.
Au-delà de 80 cm, les plateaux profonds de 90 cm existent mais tiennent surtout dans les configurations en îlot avec deux écrans par personne : ils gagnent en confort ce qu'ils coûtent en surface et en circulation.
La règle de confort visuel demande une distance d'environ une longueur de bras entre l'œil et la dalle, soit 50 à 70 cm selon la diagonale de l'écran : autour de 60 cm pour un 24 pouces, plutôt 70 cm pour un 27 pouces, davantage pour un écran large de 34 pouces.
Or cette distance se prend sur la profondeur du plateau, moins l'épaisseur du pied de l'écran et moins la place du clavier. Un plateau de 70 cm avec un pied d'écran classique de 20 cm laisse à peine 45 cm de recul : l'utilisateur se recule sur son siège et finit par travailler dossier décollé.
D'où l'intérêt du bras articulé fixé au bord arrière : il rend 15 à 20 cm de profondeur utile et permet à un plateau de 70 cm de se comporter comme un 80. C'est l'arbitrage le plus rentable quand la surface au sol contraint la profondeur.


Sous le plateau, la réglementation du poste de travail informatisé attend un volume libre suffisant pour changer de position : de l'ordre de 60 cm de profondeur libre au niveau des genoux et 70 cm de hauteur sous plateau, sans obstacle frontal.
C'est là que les bench très peu profonds coincent. Sur un plateau de 60 cm, la structure centrale et la goulotte réduisent le volume utile, et un caisson mobile devient impossible à glisser sous le plan sans gêner les jambes. Il faut alors déporter le rangement en périphérie, ce qui reprend de la surface ailleurs.
Au-dessus du plateau, comptez 20 à 25 cm entre le bord avant et le clavier pour poser les avant-bras et étaler un document. Un poste où l'on prend des notes sur papier ou l'on manipule des dossiers papier demande donc 80 cm, sans discussion.

En configuration face à face, la profondeur choisie détermine la distance entre deux personnes qui se regardent toute la journée. Deux plateaux de 80 cm placent les visages à environ 160 cm l'un de l'autre, ce qui laisse installer un séparateur central de 35 à 45 cm de hauteur sans que personne ne se sente muré.
Avec deux plateaux de 60 cm, la distance tombe à 120 cm : le vis-à-vis devient inconfortable, et le séparateur doit monter plus haut pour couper les regards, ce qui assombrit le poste et gêne la parole. Sur une ligne de six à huit positions, l'effet se ressent tous les jours.
Un voile de fond ou un écran de séparation tissu répond aussi au bruit : il absorbe une partie des conversations. Mais il ne rattrape pas une profondeur trop courte, il en atténue seulement les effets.

Un bench se justifie en grande partie par sa gestion du câblage : une goulotte centrale distribue l'électricité et le réseau à tous les postes, avec des obturateurs de plateau pour remonter les cordons. Ce dispositif se paie en profondeur.
Selon les modèles, la goulotte et sa trappe consomment 5 à 10 cm de profondeur exploitable à l'arrière du plateau, auxquels s'ajoute la place perdue par un obturateur mal placé. Une profondeur annoncée à 80 cm laisse donc souvent 70 à 75 cm réellement disponibles.
Deux points à vérifier sur la fiche technique : la présence d'un accès par le dessus, indispensable pour réintervenir sans démonter le plateau, et la section de la goulotte au regard du nombre de prises par poste — trois prises de courant et deux prises réseau par position sont le minimum courant aujourd'hui.
La profondeur se choisit toujours avec deux autres cotes. La largeur par poste, d'abord : 140 cm couvre un usage standard, 160 cm offre du confort, 120 cm reste réservé aux postes légers et aux configurations denses de type centre d'appels.
L'entraxe des piètements ensuite : il conditionne la possibilité d'ajouter ou de retirer une position sans remplacer la structure, ce qui compte dès qu'une équipe grandit. Enfin la circulation : 90 à 100 cm derrière les assises pour reculer un siège et passer, 120 cm si l'allée sert d'axe de desserte pour l'étage.
Ces trois cotes se croisent avec le mode d'occupation des postes : le partage des positions ne se dimensionne pas comme des postes nominatifs, comme le détaille notre guide sur le choix entre postes partagés et postes attribués.
Le standard confortable est de 80 cm : il accepte deux écrans ou un écran et un portable, et laisse de la place pour écrire. 70 cm convient avec un seul écran, de préférence sur bras articulé. 60 cm se réserve aux postes de passage et aux positions occupées quelques heures par jour.
C'est possible mais inconfortable : la distance œil-écran tombe sous 50 cm et l'espace d'écriture disparaît. Avec deux écrans, visez 80 cm de profondeur, ou montez les dalles sur un bras double fixé au bord arrière pour récupérer 15 à 20 cm de recul.
Comptez 140 cm par position pour un usage standard et 160 cm pour du confort. La largeur de 120 cm reste réservée aux configurations denses. Ajoutez 90 à 100 cm de circulation derrière les assises, portés à 120 cm si l'allée sert d'axe de desserte.
Oui. La goulotte centrale et sa trappe consomment 5 à 10 cm à l'arrière du plateau : une profondeur annoncée à 80 cm laisse souvent 70 à 75 cm réellement exploitables. C'est un point à intégrer au calcul avant de choisir la cote.
Dès que deux rangées se font face, un séparateur de 35 à 45 cm de hauteur suffit à couper les regards sans transformer le poste en box. Avec des plateaux peu profonds, la distance entre visages descend à 120 cm et le séparateur devient indispensable.
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